Suivant Ali tout au long de la journée

Le matin se lève à peine sur la campagne de Gabès. Ali est déjà debout. Le vent du matin fait bruisser doucement les feuilles des palmiers de l'oasis. Au loin, le premier appel à la prière s'élève, enveloppant la nature encore endormie d'une atmosphère paisible et spirituelle. Ali prend une grande inspiration ; la journée commence.

Ali monte à bord de sa camionnette et prend la route. Le moteur vrombit et les pneus crissent légèrement sur l'asphalte alors qu'il roule en direction de la ville. Les paysages défilent. Très vite, le calme de la campagne laisse place à l'effervescence urbaine. Le train siffle au loin en traversant la gare, signalant l'activité qui s'éveille dans toute la région.

Ali arrive enfin au marché aux bestiaux, le cœur battant de Gabès ce matin-là. C'est une véritable cacophonie : les moutons et les chèvres bêlent de toutes parts, tandis que les éleveurs et les acheteurs négocient d'une voix forte. Au milieu de ce brouhaha, le tintement métallique d'un artisan qui martèle le fer résonne régulièrement, ajoutant une note industrielle à ce tableau traditionnel.

Après avoir négocié et marché de longues heures, Ali s'accorde une pause bien méritée. Il s'installe à la terrasse d'un petit café populaire en bord de route. Le contraste est saisissant : le bruit des voitures et des camions qui passent à vive allure juste à côté se mêle aux conversations animées des habitués et aux rires des enfants qui jouent non loin de là. C'est ici que bat le pouls de la vie quotidienne.

Alors que l'après-midi touche à sa fin, Ali passe près d'un rassemblement de quartier. Une fête bat son plein. Le son d'un synthétiseur et des rythmes traditionnels s'élèvent, accompagnés par des chants festifs et des acclamations joyeuses. Le visage d'Ali s'éclaire d'un sourire. Riche de toutes ces rencontres, de ces bruits et de cette chaleur humaine, il reprend le chemin de sa maison, bercé par les derniers échos de la musique qui s'estompent doucement dans la nuit tombante.